Face au populisme, construire la réponse démocratique !

Publié le 03/04/2015

Le 27 mars  dernier, les militants CFDT qui avaient répondu à l'invitation de l'Union régionale, à venir débattre avec Thierry Cadart, secrétaire national de la CFDT, Michel Urvoy, journaliste à Ouest France et Louis Baron, secrétaire général de la CFDT Bretagne, se sont passionnés pour les débats autour de  l'après 11 janvier, de la montée des extrêmes, tout particulièrement du Front National et cela en plein "entre deux tours" des départementales.

Après des interventions riches et ouvertes des trois intervenants, les militants (responsables de l'interpro, mandatés, responsables de syndicats) ont poursuivi leurs échanges en groupe de travail.

Le diagnostic et l'interprétation de ce radicalisme montant, la place des organisations syndicales dans cette évolution sociétale et enfin les réponses que nous allons devoir apporter, ont été l'objet de débats nourris. 

Décryptage

Une partition des salariés semble de plus en plus marquée  entre les exclus ou en voie d'exclusion et les salariés moteurs, participants, réfléchissants. Cette partition devient de plus en plus indépassable entre les salariés et les chômeurs; entre les sans diplôme- écorchés-repoussés-desespérés et les salariés cultivés, formés, connectés; entre les personnes isolées et celles qui font société; entre celles qui ont accès à la culture, à la réflexion et celles qui subissent TF1 et M6 comme seul vecteur d'informations; entre les fragiles et les résistants…entre les défiants et les confiants.

L'écart entre ces populations s'accroit. S'y ajoutent des facteurs aggravants : des territoires économiquement laminés, une insécurité grandissante, des déserts culturels et l'absence d'interlocuteurs proches.

Le rejet du politique incompétent, du concurrent mangeur d'emploi, du voisin bruyant… deviennent l'essentiel d'une ambiance de vie qui peut conduire à des comportements faciles, violents, simplistes et qui permettront de rassembler des exclus de toute nature. 

Un terrain syndical ?

Les organisations syndicales doivent convenir que l'extension de l'action syndicale à l'amélioration de la vie hors travail, n'a pas encore su apporter la confiance qui manque à un nombre grandissant de personnes.

« Le FN, disait un militant, ce 27 mars, a pris la place qu'on lui a laissée… »

« L'école n'a pas suffisamment permis cette éducation à la solidarité et au vivre ensemble… »

« Le CFDT a sans doute perdu un peu de son art du débat… »

« La CFDT, souvent agressée, a perdu sa capacité, à écouter, à rassembler, à composer avec les autres (syndicats, associations, mouvements divers,…) »

« La CFDT a elle aussi participé involontairement à une partie des exclusions observées parce qu'elle reste dans un niveau d'approche "expert" sur les questions économiques et sociales et une accessibilité moins aisée. Le langage est un élément d'exclusion. » 

Quelles actions syndicales?

De nombreuses pistes ont été avancées:

  • Prendre ou retrouver le temps du débat.
  • Participer et inviter les militants et les salariés aux débats de sociétés sur les grands thèmes qui renforcent nos valeurs, qui les modernisent pour garantir démocratie et liberté.
  • Choisir le dialogue avec nos partenaires plutôt que de s’épuiser dans des argumentaires anti FN peu efficaces.
  • Re-tisser des liens avec les acteurs démocrates et républicains.
  • Ré-investir dans l'écoute des salariés parfois victimes d'une société de plus en plus excluante.
  • Développer nos capacités de communication vers tous les salariés isolés, les petites sections syndicales…
  • Faire de notre syndicalisme un engagement citoyen! 

L’après midi, le débat s’est centré sur la vie de notre organisation, comment elle organise l’échange avec les militants et les adhérents, sur les pratiques syndicales, la formation des militants, l’animation du dialogue social dans l’entreprise… Parce que le besoin d’échanger, d’élaborer, de construire ensemble est fort pour tous et que lui donner toute la place qu’il mérite constitue la meilleure réponse au populisme qui nous guette.

Renforcer la démocratie, dans la société, dans l’organisation, c’est notre objectif et notre méthode !