Conseil Régional du 25 avril 2014 Repenser le développement et le travail en Bretagne

Publié le 15/05/2014 à 16H41
Réuni à Noyal-Pontivy le 25 avril dernier, le conseil régional de la CFDT s’est penché sur l’avenir économique et social de la Bretagne. Réaffirmant qu’il ne peut s’envisager que par un dialogue social renforcé.

En se penchant un peu, les militants CFDT auraient presque pu apercevoir la Canebière depuis la salle des fêtes de Noyal-Pontivy. Venus des quatre coins de la Bretagne, plus d’une centaine d’entre eux ont écouté la secrétaire nationale de la CFDT, Marie-Andrée Seguin, détailler les enjeux du congrès confédéral qui se tiendra à Marseille du 2 au 6 juin. « Contrairement au congrès de Tours en 2010 où le dossier des retraites avait retenu toute l’attention, les amendements sont très nombreux et variés », a-t-elle souligné à la tribune. 414 sujets abordés, 622 amendements intégrés directement au texte soumis au vote, 1030 rejetés, 29 qui feront l’objet d’un débat… La commission des résolutions n’a pas chômé ces dernières semaines. « Le contexte politique, économique et social s’accélère, selon Marie-Andrée Seguin. Les résultats aux élections municipales, les relations entre les organisations syndicales et les organisations patronales, la dette constamment mise en avant, les futures élections européennes… Tout cela nous conduit à réclamer un nouveau mode de développement porteur de progrès social pour tous. »

Pour la CFDT, il ne peut être atteint qu’à trois conditions. Première d’entre elles, la compréhension d’un monde en pleine mutation. « Les femmes et les hommes doivent être au cœur de ce projet, a insisté la secrétaire nationale. Il ne peut pas y avoir l’économique d’un côté et le social de l’autre. » Deuxième condition : ce nouveau modèle n’est possible que dans le cadre du développement durable et de toutes ses composantes. « La CFDT demande le respect du droit à un emploi de qualité pour tous, à la qualité de vie au travail pour tous, à une rémunération équitable pour tous », a-t-elle martelé alors que les propositions de salaire minimum au rabais ressurgissent au coin du bois. Des ambitions qui se traduisent concrètement par un besoin de formation et de montée en qualification des salariés, une valorisation et une transmission de compétences de chacun mais aussi par le rôle que devront jouer les Instance représentatives du personnel (IRP) dans les décisions stratégiques des entreprises. Bref une démocratie sociale renforcée, troisième condition de la réussite de ce projet. « On entend pourtant des choses sur le seuil de déclenchement des IRP », s’est inquiété un militant du Finistère présent dans la salle. « C’est une demande patronale, a confirmé Marie-Andrée. Mais il n’y a rien dans les tiroirs à ce jour. Ce serait un comble, alors qu’on se bat pour structurer le dialogue social qu’on nous attaque sur ce thème. En Allemagne ce n’est pas à partir de 50 salariés qu’un comité d’entreprise est créé mais à partir de 5 ! »

D’autant plus que les trois accords interprofessionnels signés dernièrement par la CFDT impliquent un fort investissement des équipes syndicales, a rappelé Louis Baron, le secrétaire général de la CFDT Bretagne. « Elles doivent intégrer les changement que ces accords produisent notamment dans la sécurisation des parcours». Un investissement également partagé par les syndicats de la fonction publique « qui ont du mal à comprendre les différentes réformes qui souvent s’imposent à eux ». « Oui, la maîtrise des déficits est un enjeu mais elle ne doit pas nous empêcher d’être offensifs, a-t-il insisté. La CFDT s’est fermement opposée à la poursuite du gel du point d’indice. Ce ne sont pas des coups de rabots qui donnent des perspectives ». Perspectives dont la Bretagne a pourtant bien besoin. En février dernier, elle comptait pas moins de 230 990 demandeurs d’emplois. Un triste record.