Les Energies Marines Renouvelables, un avenir à construire.

Publié le 14/04/2015 à 14H47
Depuis des décennies, la CFDT s’investit sur le dossier de la transition énergétique. Le 10 avril, une réunion de militants a permis de faire le point sur la question des énergies marines renouvelables (EMR).

Nous n’en sommes qu’aux balbutiements !

C’est, avec un certain sentiment de vertige, l’impression qu’on peut retirer de cette journée d’information et de débat. La loi sur la transition énergétique, la préparation du sommet de la fin d’année à Paris font de 2015 une année particulière pour l’émergence des énergies renouvelables et en particulier celles venues de la mer.

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Pour plus de précision, on se reportera aux documents joints, mais voici quelques éléments issus des échanges :

Ces sources d’énergies sont diverses : énergie du vent (plus fort et plus régulier en mer qu’à terre), des courants, de la houle, de la chaleur ou de la salinité. Elles sont aussi diversement parvenues à une maturité technologique  et cela entraine des stades de développement très différents. Cela laisse aussi un champ d’investigation immense pour la recherche, en matière de production comme de stockage de l’énergie.

Les énergies marines posent d’autres problèmes que ceux inhérents à leur seule production. Il faut rendre acceptable l’implantation, organiser le transport de l’électricité produite… Il faut aussi structurer l’utilisation des espaces maritimes et côtiers pour l’ensemble des activités économiques qui en dépendent. On pense bien sûr à la pêche, à l’extraction de minéraux, au transport maritime, à l’usage militaire, au tourisme … et maintenant à la production d’énergie. Cela ne se fera pas sans rechercher avec toutes les parties présentes un projet harmonieux pour l’ensemble de ces activités, y compris en réfléchissant à la manière dont certaines activités peuvent cohabiter sur un même site. Il y faudra une conduite politique fondée sur le dialogue et la contractualisation d’objectifs partagés.  

Le projet industriel peine à émerger et pourtant l’enjeu est considérable :

On estime que la production d’EMR passera au niveau mondial de 519 MW en 2011 à 748 GW en 2050, soit une multiplication par 1 500 ! Et pour la seule Europe, de 3,6 GW en 2020 à 188 GW en 2050.

Or la France dispose d’un domaine maritime très important. Il est donc essentiel de concrétiser ces potentialités. Mais il ne s’agit pas seulement de définir des lieux d’implantation de ces technologies, il est impensable de négliger ou de prendre du retard sur le développement de l’emploi qu’offrent ces perspectives, que ce soit au travers de la conception, de la fabrication, de la mise en œuvre, du fonctionnement, de la maintenance ou du démantèlement de ces équipements. Et cela sans même parler de l’emploi induit, celui lié à la formation, aux infrastructures terrestres… Ou même aux garanties qu’une production énergétique durable en Bretagne offrirait aux industriels pour qui cette question de la sécurité énergétique est importante parmi les critères de choixd’un lieu d’implantation.

Si les sites d’exploitation sont à repérer au niveau local, à commencer par la baie de St Brieuc, il faut voir plus large pour la production des équipements. Un projet industriel de cette importance doit intégrer la place des multiples sous-traitances nécessaires. Il doit aussi être conçu dans une dimension interrégionale. En Bretagne, les sites de Brest et Lorient sont bien identifiés mais ils devront travailler en lien et en complémentarité avec Cherbourg et St Nazaire, dans le cadre d’une programmation cohérente qui reste à construire.

Enfin, c’est dans une stratégie globale de l’énergie que les EMR prendront leur place, à condition que dans les évaluations de prix du KWh on s’oblige à intégrer l’ensemble des coûts, notamment celui du traitement des déchets et du démantèlement des centrales pour le nucléaire. Sinon, l’option nucléaire prise par la France aura pour conséquence de retarder l’engagement du pays dans le développement de ces filières d’avenir et d’aggraver le retard déjà pris sur d’autres. C’est donc bien un problème de gouvernance politique pour lier un nouveau mode de développement, respectueux des enjeux environnementaux,  créateur d’emplois et de cohésion sociale.

Ce rapide aperçu le montre, le débat a été riche. Ce n’était pas le premier et il y en aura bien d’autres pour suivre l’évolution en cours et bâtir une action syndicale pertinente face aux enjeux en présence. Comprendre pour agir, c’est la démarche de la CFDT.