Rennes 2 : majoritaires et battus, mais tête haute !

Publié le 02/04/2015

Les récentes élections à l'Université Rennes 2 ont défrayé la chronique. Il est utile de revenir sur leur origine, la démarche du Sgen-CFDT et les résultats obtenus.

Ces dernières années, l’université Rennes 2 était dirigée par un président fort du soutien d’une majorité animée par le Sgen-CFDT. Ce mandat a été marqué pour le grand public par un engagement dans la démarche de construction d’une université rennaise unissant les deux actuelles universités Rennes 1 et Rennes 2. Chantier difficile puisque ces universités diffèrent sur bien des points : l’une vouée aux lettres, langues, histoire …., l’autre aux maths, physique… droit…, avec des effectifs très inégaux et des histoires différentes…

L’intense réflexion menée dans cette perspective de fusion avait notamment pour objet de lever les obstacles identifiés pour construire une évolution saine et bien acceptée. Cela passait par l’organisation d’une phase transitoire pour préparer une fusion de bonne qualité dans le respect des personnels et donc par un certain nombre d’exigences exprimées par les élus du CA.

La presse s’est fait l’écho d’un accord réalisé entre les deux présidents, mais c’était un trompe l’œil puisqu’à Rennes 2, le président ne tenait aucun compte des demandes formulées par sa propre majorité (concernant en particulier la demande d'équilibre entre les deux ex établissements dans le schéma de gouvernance de la future université unique), pensant sans doute que l’argument d’autorité ferait œuvre de conviction.

Confrontée à l’impossibilité de voir portées les exigences exprimées par la majorité qu’elle conduisait, la vice présidente de Rennes 2, Catherine Loneux, présentait sa démission, bientôt suivie par l’ensemble de la majorité. Et donc, retour aux urnes !

L’objectif fondamental est bien de développer l’offre universitaire et d’améliorer les conditions de travail des personnels et des étudiants. La fusion n’en était qu’un moyen. Constatant qu’elle n’allait pas pouvoir se faire dans des conditions saines, la majorité animée par le Sgen-CFDT a pris ses responsabilités en interrompant le processus. Et c’est avec la volonté de poursuivre son engagement sur les questions de fond qu’elle s’est  présentée aux élections avec une liste d’ouverture unissant les différentes catégories professionnelles dans la cohérence d’un programme.

Cette liste a recueilli le plus grand nombre de voix et pourtant elle ne sort pas victorieuse de ces élections. Ce paradoxe tient à des modalités d’organisation du scrutin assez particulières et spécifiques à l’université :

Les personnels sont répartis en 3 collèges avec un rapport très différent entre le nombre de personnels de la catégorie et le nombre de sièges dédiés :

Enseignants de rang A (professeurs) :

124 inscrits  8 sièges en jeu (dont 2 attribués à la liste arrivée en tête) 

Enseignants de rang B (maîtres de conférences) :

525  inscrits  8 sièges en jeu (dont 2 attribués à la liste arrivée en tête) 

BIATSS  (Bibliothécaires, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Social, Santé) :

567 inscrits, 6 sièges en jeu (pas de siège en prime à la liste arrivée en tête)

Avec une participation de 83,5 %  les résultats sur l’ensemble des 3 collèges ont été les suivants :

Sgen-CFDT 38% des voix,    FSU 34,3%,    CGT 16,9%    et SNPTES 10,5%.

Mais c’est la FSU, parce qu’elle l’emporte de 4 voix chez les enseignants de rang A et de 80 voix chez les enseignants de rang B, qui obtient une majorité de sièges et dirigera donc Rennes 2 ces prochaines années.

A noter également, chez les étudiants la présence d’une liste inspirée d’Harry Potter (l’armée de Dumbledore) qui a fait une campagne de dérision et obtenu des sièges mais dont les électeurs n’ont pu qu’être surpris d’apprendre qu’après le dépouillement, elle a immédiatement annoncé son soutien à la FSU. Ceux qui espéraient trouver là des administrateurs libres et un peu « poil à gratter » en seront pour leur frais ! A défaut d’honnêteté et d’élégance, la manipulation est assez réussie !

 Au final, c’est la tête haute, forte des convictions affichées, de sa pratique intercatégorielle et de la confiance d’une majorité relative des électeurs que la section Sgen-CFDT sort de ce scrutin. Elle saura tenir sa place dans les instances élues  et s’impliquer dans les dossiers à venir, notamment la création de l’Université Bretagne Loire, avec la double préoccupation de répondre aux préoccupations de tous les personnels et de faire évoluer l’université au service de l’intérêt général.

L’Union Régionale CFDT félicite les candidats qui ont porté son sigle pour les résultats obtenus, pour la qualité de leur campagne, la clarté de leurs prises de position, leur volonté de pratiquer un syndicalisme intercatégoriel. Quelles que soient les vicissitudes des formes de scrutin, cet engagement porte en lui les éléments indispensables pour construire l’enseignement supérieur et la recherche universitaire de demain dans l’intérêt du pays et de sa jeunesse.