Protection sociale : les quatre départements donnent naissance à un syndicat breton

Publié le 12/06/2015 à 14H56
Les syndicats départementaux CFDT de la protection sociale ont acté le 5 juin dernier leur dissolution. En unissant leur force au niveau régional, ils souhaitent peser davantage dans un paysage en pleine mutation.

Le nouveau-né porté sur les fonts baptismaux à Ploufragan peut déjà se targuer d’une certaine expérience : celle des quatre syndicats départementaux qui se sont dissous pour donner naissance à un seul syndicat régional CFDT de la protection sociale. « On pourrait sortir les mouchoirs et verser une petite larme, constate Jean-Pierre Le Régent, ex-secrétaire général du syndicat 35. Mais il faut surtout préparer l’avenir ». Réunis en congrès constitutif le 5 juin, les délégués représentant l’ensemble des sections constituant les syndicats d’Ille-et-Vilaine, des Côtes d’Armor, du Finistère et du Morbihan ont validé à l’unanimité la création d’une nouvelle instance bretonne. « Cette évolution illustre l’engagement de plus de proximité avec les militants et les salariés pris à Marseille par l’ensemble de l’organisation, souligne Louis Baron, secrétaire de la CFDT Bretagne. La réussite de cette étape est un enjeu collectif».

Fiche présentation pste bzh

Situations de mal-être au travail

Fort de près de 700 adhérents, ce nouveau syndicat régional fait ses premiers pas dans un environnement de la protection sociale en pleine restructuration. C’est le cas par des pôles gériatriques. Témoignant du quotidien des salariés de l’Ugecam Bretagne-Pays de Loire (un groupement de 10 établissements de santé de l’Assurance maladie), René Piel  insiste sur le « déficit structurel de certains établissements ». « Aujourd’hui, pour chacune de nos structures, un bon vieux c’est un vieux en bonne santé, observe-t-il amèrement. De plus en plus de salariés refusent cette orientation » et réclament d’urgence un véritable plan vieillesse. Car le constat éloquent  est de moins en moins acceptable : non-remplacement des arrêts maladie, interdiction de prendre plus de deux semaines de vacances l’été, changement de planning imposé du jour au lendemain, hausse de la pénibilité… Dans ce contexte, le personnel a le sentiment qu’il est le seul à supporter les variations de budget.

Même malaise souligné par Christian Le Maux à la Caisse d’allocations familiales des Côtes d’Armor. « Le 29 mai dernier, nous avons stoppé le travail pendant 55 minutes », indique-t-il. Un rapport insistant sur les carences du management, a révélé la situation de danger imminent pour les salariés de la CAF 22. « Ce rapport est nécessaire à la reconstruction des agents mais ce n’est pas suffisant. Ils savent parallèlement que le directeur mis en cause est susceptible de retrouver un poste à responsabilité ailleurs. Et ça, ça leur est insupportable ! » Des situations compliquées qui, en plus, s’inscrivent dans un contexte de gel salarial, d’incertitude pesant sur l’avenir des retraites complémentaires… Autant de dossiers suspendus au-dessus du berceau du syndicat régional.

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