Cooperl : une victoire historique à consolider par les négociations

Publié le 15/03/2016

Après 12 jours de grève, les salariés de la Cooperl ont voté la reprise du travail effective le 14 mars.  L'Union départementale CFDT et le syndicat général CFDT de l'agroalimentaire des Côtes d'Armor en font l'analyse.

Les salariés de la COOPERL avec leurs organisations syndicales ont mené avec succès un conflit de 12 jours qui fera date dans l’histoire de la COOPERL et doit ouvrir une nouvelle étape basée sur le dialogue et le respect.
 
La direction est restée sourde pendant 11 jours à toute forme de négociation ou de médiation, malgré les propositions faites par le Préfet et soutenues unanimement par les élus locaux départementaux, régionaux et nationaux, jouant le pourrissement voire l’affrontement entre salariés et éleveurs.
 
Détermination et responsabilité
Les salariés et leurs organisations syndicales ont su faire preuve de responsabilité en évitant toute forme de provocation et en présentant une contre-proposition qui a permis d’engager une véritable négociation. Ils ont obtenu le maintien de leur prime d’ancienneté, l’ouverture d’une négociation portant sur les conditions de travail et le respect des personnes dans l’entreprise, une nouvelle négociation sur la structuration des primes, l’étalement sur 6 mois des pertes de salaire du fait de grève… et décidé
collectivement de suspendre leur action et de reprendre le travail ce lundi sur tous les sites.
 
Chacun doit tirer tous les enseignements de ce conflit sans équivalent dans l’histoire de l’entreprise.
 
Qualité
La qualité des négociations actées dans le protocole de fin de conflit sera essentielle et révélatrice de la volonté de la direction de s’engager réellement sur la voie d’un dialogue social de qualité.
 
Ce conflit a démontré que la dégradation des rémunérations et des conditions de travail des salariés ne pouvait être une réponse aux difficultés que rencontrent les éleveurs dans la crise que traverse actuellement la filière porcine.
 
La COOPERL doit aussi s’engager dans les réflexions sur l’avenir de la filière porcine. Pour la CFDT, les solutions sont à construire collectivement. Au moment où les éleveurs veulent valoriser leur production par l’étiquetage « viande produite en France », c’est la qualité de cette production qu’il faut valoriser.
 
Pour la CFDT, la qualité des produits est indissociable de la qualité du travail et du respect dû aux femmes et aux hommes qui l’accomplissent chaque jour dans des conditions difficiles, comme l’ont illustré les témoignages des salariés tout au long de ce conflit.
L’amélioration des conditions de travail doit désormais devenir une priorité absolue. Elle est aussi indispensable pour les salariés « qui ne doivent pas perdre leur vie à la gagner » que pour valoriser les produits de la filière auprès des consommateurs.
 
Pour cela, la CFDT exige que les aides publiques aux entreprises de la filière soient liées à des engagements d’actions et de résultats sur la qualité de vie au travail.
 
Solidarité
La solidarité de la population avec les salariés et le soutien à leur action ont été fortes, constantes et déterminantes tout au long de ce conflit : soutiens financiers, présences sur place, participation au meeting intersyndical, soutien
sur les réseaux sociaux….
 
La solidarité doit se poursuivre, pour aider les salariés à faire face à la perte financière liée aux jours de grève : chèques à l’ordre de « association grévistes COOPERL » ou sur https://payname.fr/c/Lhps3b/Greve-Cooperl
 
 

Retrouvez les salariés de la Cooperl sur https://www.facebook.com/cfdtcooperllamballe/?fref=ts