Le groupe DOUX, vers un redressement judiciaire ?

Publié le 04/12/2012 à 13H55
La FGA-CFDT et l'URI CFDT Bretagne ne sont malheureusement pas surprises de la décision du groupe Doux de déposer son bilan. Déjà le 26 juillet 2004, la FGA-CFDT titrait dans un communiqué de presse : "Mais où va le groupe Doux ?" Et ce n'était malheureusement pas la première fois.
Le groupe DOUX, vers un redressement judiciaire ?
Le groupe DOUX, vers un redressement judiciaire ?
La FGA-CFDT et l'URI CFDT Bretagne ne sont malheureusement pas surprises de la décision du groupe Doux de déposer son bilan. Déjà le 26 juillet 2004, la FGA-CFDT titrait dans un communiqué de presse : "Mais où va le groupe Doux ?" Et ce n'était malheureusement pas la première fois.

 

Aujourd'hui, les arguments avancés pour ce dépôt de bilan ainsi que ceux avancés la semaine dernière, pour justifier la mise à l'écart de la direction mise en place il y a 8 ans, laissent perplexe.
 
En effet, dire que la responsabilité de la situation actuelle du groupe incombe à l'équipe dirigeante fraîchement débarquée est, aux yeux de la FGA-CFDT et de l’URI Bretagne, un raccourci un peu rapide. C'est oublier que depuis près de vingt ans, le groupe a fermé vingt-cinq sites en France et a perdu ses filiales espagnole et allemande. C'est oublier aussi que la direction 'fraîchement débarquée' avait été mise en place pour tenter de redresser une situation déjà préoccupante laissée par ceux qui reprennent les rênes aujourd'hui. C'est encore oublier que ce sont bien les choix stratégiques faits en premier lieu par le principal actionnaire et inchangés par la nouvelle direction, maintes fois dénoncés par la FGA-CFDT, qui ont conduit le groupe dans la situation qu'il connaît aujourd'hui.
 
La FGA-CFDT et l’URI Bretagne l'affirment, c'est bien la politique conduite depuis plus de 20 ans par l'une ou l'autre direction qui est la cause de cette situation.  En première ligne, les salariés ont payé un lourd tribut à ces choix stratégiques. Ceux qui ont perdu leur emploi bien sûr, mais aussi ceux qui sont restés (dégradation des conditions de travail, gel des salaires...) sans que cela, contrairement à ce que la direction annonçait pour justifier ces restructurations, ne se traduise par un redressement du groupe. Au contraire...
 
Ce dépôt de bilan redouté mais attendu est-il encore une stratégie du groupe? Comment se fait-il que les élus du personnel réunis en début de semaine dernière n'en aient pas entendu parler ? La 'nouvelle direction' revient-elle avec ses anciennes pratiques du dialogue social ?
Autant de questions qui restent sans réponse.
 
Cette annonce permettra t-elle au groupe de refaire surface? Pas si sûr. Comment en effet imaginer que les fournisseurs qui peinent à se faire payer depuis des années et qui vont voir leurs créances gelées vont accepter de réapprovisionner Doux ? Et si tel est le cas, comment, sans changement stratégique de fond, le groupe peut-il regagner des parts de marchés qu'il perd inexorablement depuis plusieurs années ?
  
Le groupe Doux a fait le choix d'être sur des marchés à faible valeur ajoutée et sur ceux subventionnés par l'Union Européenne. Il n'a eu de cesse d'aller chercher de l'argent public pour soutenir son activité, au lieu de développer des marchés plus porteurs. Il entraîne avec lui aujourd'hui des milliers de salariés.
 
Dans ce contexte, les salariés sont en droit de douter de la capacité des dirigeants actuels à redresser une situation qu'ils ont eux-mêmes engendrée. Les bruits d'une vente partielle de l'activité les inquiètent car à leurs yeux si la vente d'une partie de l’activité peut permettre à court terme de désendetter le groupe, elle n'est certainement pas de nature à assurer sa pérennité.
 
La FGA-CFDT et l’URI Bretagne attendent donc avec impatience que les nouveaux dirigeants disent très clairement comment ils entendent sortir de ce marasme et faire en sorte de sauvegarder durablement l'emploi salarié.