Le monde enseignant manifeste pour le maintien d’une École publique de la mixité sociale

Publié le 06/02/2024

Annoncées par Gabriel Attal en décembre dernier et confirmées par Amélie Oudéa-Castéa le 30 janvier 2024, les mesures du “Choc des Savoirs” cristallisent la colère du monde enseignant. Les syndicats Sgen et FEP CFDT ont appelé leurs adhérents à la grève jeudi 1er février. Environ 7000 enseignants ont manifesté en Bretagne, un signal fort envoyé à l’exécutif.

Les élus CFDT portent de nombreuses revendications : revalorisation des salaires, conditions de travail, attractivité des métiers, baisse du nombre d’élèves par classe... Mais le centre de la contestation se situe dans l’apparition de groupes de niveaux pour les cours de français et de mathématique au collège, prévue dans la réforme du choc des savoirs pour septembre prochain. 

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Les grévistes se rassemblent Place de la République à Rennes, peu avant 11h00.

Une absurdité pédagogique pour la CFDT 

Pour Adeline, militante du Sgen CFDT Bretagne, cette réforme n’est rien de moins qu’une absurdité d’un point de vue pédagogique. Il est prouvé que réunir des élèves en grande difficulté, ça n’a jamais permis de les faire progresser, observe la militante. Si le principe d'hétérogénéité est inscrit dans le code de l’éducation, c’est parce qu’il est le ciment de toute pédagogie.”  

Pour le syndicat, le choix des classes de niveaux est un marqueur d’inégalité sociale évident, loin du modèle égalitaire de l’École publique. Les adhérents CFDT présents dans les cortèges laissent éclater leur indignation : C’est une réforme qui va contre nos valeurs ! On veut construire un projet d’émancipation pour chaque élève, et cette école du tri sociale est totalement inacceptable. 

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Le syndicat CFDT FEP d'Ille-et-Vilaine présent lors de la manifestation à Rennes.

Le dialogue social au niveau 0 

Personnel de direction dans un collège d’Ille-et-Vilaine, Cécile regrette l’absence de concertation sur cette réforme.Ces mesures ont été imaginées rue Grenelle sans aucun contact avec le terrain. Aujourd'hui les personnels de direction sont mis à mal car on ne sait pas comment mettre en place ces groupes de niveaux alors qu’on manque déjà d’effectifsCécile voudrait au contraire voire davantage de moyen pour garantir un accueil de qualité pour l’ensemble des élèves. 

Cette adhérente s’inquiète aussi de l’évolution de son ministère, désormais jumelé avec celui des sports depuis le dernier remaniement. On demande aussi plus de considération et moins de mépris de la part de notre ministre. Pour le syndicat Sgen Bretagne, impossible de reformer une institution comme l’École sans concertation avec les acteurs qui la font vivre au quotidien. Les Fédérations Sgen et Fep CFDT ont déjà annoncé un rebond du mouvement au mois de mars.