FILIERE NAVALE & PACTE D’AVENIR BRETON

Publié le 10/04/2014 à 12H37
Un communiqué de la CFDT Morbihan.

Contexte :

La filière navale française est forte d’un savoir-faire porté par plusieurs grands groupes et par un tissu d’un millier de PME. Elle représente environ 70 000 emplois industriels et réalise un chiffre d’affaires global de plus de 10 Mds€. C’est de plus un secteur fortement exportateur : plus de 65% d’exportations dans le nautisme, plus de 80% dans les paquebots et ferries, et 30% pour les navires militaires.

Dans un contexte aussi concurrentiel, nous sommes tenus de préserver et développer les compétences spécifiques au secteur naval sur notre territoire. Cela passe par une réflexion sur les relations entre donneurs d’ordres et sous traitants et une anticipation des fluctuations d’activités.

Dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire (LPM 2014-2019 votée fin 2013), les finances de l’Etat conditionnent la réalisation du contrat FREMM (11 frégates) à un recadencement à 14 mois (contre 10 mois initialement : avenant toujours en cours de négociation).

Parallèlement, la DCNS, anticipant quelques succès export, testait des réalisations en 7 à 8 mois. Ces choix impliquaient une politique de sous-traitance accrue sur le bassin d’emploi et au-delà (recours à la sous-traitance internationale avec quelques excès mais justifié et déploré par la direction DCNS eu égard à la saturation du bassin local).

Jusqu’à fin 2013, il y avait autant de sous-traitance de production que de capacité de production propre à DCNS Lorient (800 à 900 personnes).

Dès fin 2013 : la DCNS annonce les nécessaires baisses de sous-traitance et l’impact emploi qui, pour la fin 2014, pourraient se chiffrer par 350 ETP en moins en sous-traitance auxquelles s’ajoute la centaine d’intérimaires qui devraient également disparaitre. A cela, s’ajoute la baisse des effectifs de production DCNS qui se traduira par des non remplacements (quelques dizaines).

En ingénierie, également, les principales sociétés sous-traitantes ont d’ores et déjà commencé à réduire leurs effectifs.
C’est le cas des entreprises suivantes :
SEGULA TECHNOLOGIE – qui aujourd’hui propose des départs négociés aux salariés affectés au projet FREM,
EUROSCRIPT – licenciement et fin de contrat – repositionnement sur d’autres affaires,
AGIR – intercontrats – salariés à leur domicile depuis le début de l’année,
SOFRESID – forte inquiétude, fin de contrat en juin 2014.

Dans le même temps, il est fait état par voie de presse d’une très probable et très importante signature d’un contrat export au plus tard fin 2015.

Enjeux :

Pour la CFDT, les compétences de la filière navale mobilisées sur le territoire doivent être préservées car elles seront nécessaires à la bonne réalisation des contrats à venir. Les annonces du pacte d’avenir doivent pouvoir être déclinées et se concrétiser sur des bassins d’emploi comme celui de Lorient autour d’une filière identifiée, structurée et porteuse d’avenir en prenant en compte, l’optimisation, la mutualisation et la consolidation des outils industriels de réparation navale existants.

Ne rien faire, caractériserait une volonté des acteurs de la filière et des politiques à soutenir un modèle économique basé sur le dumping social. Cela fragiliserait un peu plus notre territoire, son économie, ses citoyens déjà fortement touchés par la crise et les dirigerait encore un peu plus vers les extrêmes.

Le pacte d’avenir va mobiliser des moyens financiers pour aider les entreprises en difficulté. Pour la CFDT, ce soutien particulier ne peut se mettre en place sans qu’il y ait en contrepartie des exigences en terme de stratégie économique et  des exigences sociales : information et avis des instances représentatives du personnel, respect des droits des salariés, développement de la formation, amélioration des conditions de travail, égalité hommes-femmes, réduction des emplois précaires.

En matière d’emploi, il n’y a pas de petites propositions ou actions au soutien des salariés. La CFDT revendique, aujourd’hui, une table ronde autour de la filière navale sur le territoire pour que l’ensemble des acteurs relève, selon les responsabilités qui sont les siennes, les enjeux de l’emploi industriel naval.

Actions et méthode :

1.    Constituer un groupe projet  (acteurs de la filière, du territoire (Agglomération, Pays, Région, Etat), de l’emploi, des partenaires sociaux),
2.    Définir le périmètre d’une démarche de GPEC-T sur cette filière,
3.    Construire le cadre d’une action concertée et partagée, une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences,
4.    Cellule d’accompagnement aux entreprises sous traitantes et à leurs salariés.

L’Union Départementale CFDT et les syndicats qui la composent, se veulent force de propositions et requierent d’être associés à toutes réflexions sur l’équilibre économique et social du territoire.