LA SANTE ET LE MEDICO SOCIAL FACE AU COVID-19 : FAIRE BEAUCOUP AVEC PEU

Publié le 17/04/2020

Qu’en disent ceux que nous applaudissons ? Ceux que le gouvernement a longtemps méprisé avant de les considérer comme des héros, ces travailleurs de la santé et du médico-social, quelqu’en soit le statut. Dans ce secteur, un constat commun : les décisions unilatérales ont primé sur le dialogue social.  Mais quels sont les contreparties et l’enjeu syndical ?   

Christelle Kermaidic – animatrice CFDT- aide-soignante en gérontologie et Morgan Bodenes – secrétaire général adjoint syndicat Santé Sociaux nous racontent.

Les personnels ont dû faire face à la pénurie de matériel et s’adapter à de nouvelles conditions de travail. Selon Christelle « on a l’impression de faire de l’humanitaire dans un pays développé ». Ce constat sur le manque de moyen est partagé par Morgan : « le secteur médico-social est le parent pauvre de la Santé ». Soucieux de l’égalité Femmes-Hommes, Morgan souligne que « les conditions salariales sont déjà peu attractives, dans ce secteur à 80% féminin ».

 

Christelle témoigne de l’évolution du dialogue social :  

« Au démarrage de la crise, les établissements ont agi dans l’urgence, sans les partenaires sociaux. Nous nous sommes recentrés sur nos métiers pour aider les collègues sur le terrain, au détriment de l’activité syndicale. Certains employeurs ont profité de cette situation. Puis très rapidement, nous avons réalisé que l’action syndicale était plus que jamais essentielle. Certains établissements voulaient imposer des heures de récupération à leurs agents, au lieu de les mettre en Autorisation Spéciale d’Absence (ASA), nous avons donc dû négocier pour que les agents soient en ASA. Aujourd’hui, les réunions de CSE et CHSCT sont fréquentes et s’organisent en visio-conférence.

Pour les résidents aussi, la CFDT donne son avis. Alors que l’établissement souhaitait que le personnel « en renfort » gère la communication entre les résidents et les familles, via l’application Skype, nous avons demandé, à ce qu’au contraire, ce soit le personnel soignant habituel qui le fasse, pour ne pas rompre le lien de confiance. Cette proposition a été entendu.

Ce sont les travailleurs sur le terrain, qui savent ce qui est le mieux. Nous sommes une richesse »

 

Pour Morgan, secrétaire adjoint syndicat Santé-Sociaux, la ligne CFDT est claire « concernant les congés et les repos, nous ne signerons pas d’accord, sans contrepartie ». Face au risque de contamination du personnel et devant le manque de moyens de prévention « la CFDT demande que la contamination par le covid-19 soit reconnue en Accident de Travail et non en maladie ». Morgan explique la fermeture, depuis le confinement, des structures pour enfants handicapés et des Etablissements de Services d’Aide par le Travail, ces structures dont le personnel est redéployé dans les établissements qui en ont besoin, tels que les EHPAD. Il soulève la problématique des coûts de transport et demande une contrepartie comme la mise à disposition d’un véhicule de service par exemple.