Le désarroi des salariés de l’hôpital de Saint-Malo

Publié le 29/04/2014 à 15H46
Mi-avril, la CFDT a braqué ses projecteurs sur la fonction publique aux six coins de l’Hexagone. En Bretagne, ils se sont arrêtés à Saint-Malo, sur l’Ehpad de la Haize. Un établissement  flambant neuf mais pas à l’abri des difficultés rencontrées actuellement par les agents hospitaliers partout en France.

Elle vient de souffler sa première bougie, à une encablure de la mer. La maison de retraite de la Haize à Saint-Malo est flambant neuve. Avec ses bardages en bois et sa place centrale ensoleillée, elle fait l’unanimité auprès de ses 106 résidants. Et de ses salariés ? Pas sûr. « On a privilégié l’enveloppe, et un peu négligé les moyens nécessaires pour travailler correctement », soulignent Françoise Guilleux secrétaire de la section CFDT, et Gaëtan Mouchère.

Hopital BDF
 

L’Ehpad de la Haize fait partie intégrante de l’hôpital de Saint-Malo. Un hôpital qui a « subi des réformes successives qui ont mis sous pression les effectifs, insiste Gaëtan. On nous demande de faire toujours plus avec moins. » Un objectif d’autant plus difficile à tenir que les patients demandent de l’attention. « La charge de travail auprès des personnes dépendants et des malades d’Alzheimer est lourde ». Résultat, les dépassements d’horaires se multiplient jusqu’à la rupture. « Le stress, l’angoisse, le mal-être gagnent de plus en plus le personnel des hôpitaux », confirme Clotilde Cornière secrétaire nationale de la Fédération CFDT Santé-sociaux, chiffres à l’appui.
Quatre directeurs en dix ans
« Dans le secteur des personnes âgées, les arrêts sont nombreux et l’absentéisme atteint des niveaux de 10 à 12 %, constate Françoise. Concrètement, sur les trois unités d’Alzheimer que compte l’hôpital de Saint-Malo, il manque un agent par jour pour fonctionner correctement. » Une situation que le personnel supporte tant bien que mal, un peu résigné. « Sur l’hôpital, nous ne sommes que 8% de syndiqués, déplorent les deux militants. La parole est difficile. » Et le climat social se détériore.

En dix ans, quatre directeurs se sont succédé à la tête du centre malouin ! « Il y a un découragement des salariés, constate Louis Baron, secrétaire général de la CFDT Bretagne. Ici mais également ailleurs. Notre souhait, c’est d’aller de plus en plus à leur devant pour leur donner la parole. Les gens ont envie de bien exercer leur métier mais on ne leur en donne les moyens. » Et dans la période, les restrictions budgétaires ajoutent au désarroi dans les établissements. « Or, l’absentéisme, ça coûte ! », relève Louis. « Il y a des marges de manœuvre locales. Ce sont celles-là qu’il faut travailler à travers le dialogue social de proximité renforcé. »