Quel avenir pour l'industrie du bassin rennais ?

Publié le 27/05/2014

L'industrie rennaise est aujourd'hui en berne, les récents chiffres du chômage le montrent. mais qu'en sera-t-il dans quinze ans ? Invité le 21 mai dans les locaux de la CFDT par l'Union du pays de Rennes et de Brocéliande (UPRB), le CODESPAR a apporté quelques éléments de réponse à une quarantaine de militants.

« Quel sera le paysage industriel rennais en 2030 ? » Pour le savoir, il est toujours possible de jeter un coup d’œil dans le marc de café. Le Conseil de développement économique et social du pays et de l’agglomération de Rennes (Codespar) a fait un autre choix. A travers une étude pas tout à fait finalisée, il a décidé de se pencher sur quatre secteurs d’activité (l’automobile, le bâtiment, les technologies de l’information et de la communication et l’agroalimentaire) et d’imaginer leur futur. Premier travail, établir un état des lieux le plus précis possible de la situation actuelle des entreprises du bassin d’emploi. La photographie est plutôt sombre. Entre 2000 et 2013, l’industrie rennaise affiche des effectifs en chute de 14%. Parmi ces suppressions de postes, il y a celles qui sont visibles, PSA notamment, et d’autres qui le sont beaucoup moins. « Le bâtiment, du fait des l’accroissement des liquidations d’entreprises, connait un plan de sauvegarde de l’emploi qui ne dit pas son nom », a rappelé la chargée de mission du Codespar, Elise Békari devant une quarantaine de militants attentifs. Dans l’agro, ce sont les intérimaires qui sont légion et font trop souvent office de « variables d’ajustement » alors que du côté des TIC les crises se succèdent de façon répétitive.

Le défi de l’emploi pour tous

 

Comment envisager alors l’évolution de ces filières dans ces conditions ? Quatre scénarios sont possibles, souligne l’étude. L’industrie peut faire le choix du tout numérique pour retrouver un certain dynamisme -« des filières comme l’agroalimentaire ont déjà pris ce virage pour améliorer la traçabilité de ses produits ». Elle peut également mettre l’accent sur la transition énergétique ou encore jouer la carte des marchés internationaux pour compenser la faible croissance de la demande locale. Mais elle pourrait tout autant décider de s’orienter vers le développement de services en plus de ses métiers de base. « Posséder une voiture par exemple est de moins en moins un marqueur social, a constaté Elise Békari. C’est moins le produit qui compte que la valorisation de l’usage que l’on en fait. »

Toutes ces voies sont envisageables pour sortir l’industrie du marasme dans lequel elle semble s’enfoncer. Mais à l’écoute de ces perspectives, plusieurs militants se sont interrogés sur leurs conséquences pour l’emploi. « Elles ne seront sans doute pas les mêmes selon les options privilégiées…» « Nous avons essayé de faire ce travail d’anticipation, de voir quelle solution serait la plus favorable en termes d’embauches. C’est très compliqué, a admis la chargée de mission du Codespar. De toute façon, il serait étonnant qu’un seul scénario soit adopté. La vérité sera sans doute plus proche d’un mixte des quatre. Une chose est sûre : dans tous les cas, les salariés devront monter en compétences ». « Faisons attention alors à ceux qui ont le moins de qualification », ont répondu plusieurs voix de militants CFDT craignant qu’ils soient les laissés-pour-compte de ces évolutions. Car en plus de la santé économique de son industrie, le pays de Rennes doit relever deux autres défis majeurs à l’horizon 2030, ont-ils insisté : la cohésion sociale et l’emploi pour tous.


Le Codespar, Kezako?

Le  Codespar , c'est le conseil de développement économique et social du pays et de l'agglomération de Rennes. Depuis 1984, il est aussi agréé comme Comité de bassin d'emploi par l'Etat. Il est composé de 4 collèges  de 30 membres chacun. Un collège " entreprises et acteurs économiques" un collège "acteurs associatifs" un collège associé d'élus et un collège "organisations syndicales de salariés (CFDT 9 sièges). Le Codespar est une instance originale de concertation et d'expression de la société civile. Ses membres sont bénévoles.  La présidence du Codespar est tournante. Lors de l’assemblée générale du 24 juin, ce sera au tour du collège salariés de présenter un candidat en la personne de Patrick Roullé de la CFDT.