Débat : combattre le Front national sur le champ des idées

Publié le 23/01/2014 à 17H36
Invitée à débattre avec trois autres organisations syndicales (Unsa, CGT, Solidaires) de l’audience de l’extrême droite dans le monde du travail, la CFDT a insisté sur l’importance d’obtenir des résultats dans les entreprises pour faire reculer la démagogie.

Attention danger. En période de crise économique, les coups de menton de l’extrême droite ont souvent marqué des points dans l’opinion publique. Le Front national le sait. Il investit les plateaux télé, les studios de radio pour diffuser son message et tente parfois d’entrebâiller la porte des entreprises et des organisations syndicales pour s’y introduire en toute discrétion.  « Le parti de Jean-Marie Le Pen a essayé de le faire il  y a une dizaine d’années, a rappelé Patrice Forgeau, secrétaire de l’UD 35 lors d’un débat organisé mi-janvier par le réseau vigilance 35. Chez nous, cette tentative a échoué. La CFDT s’est fixé dès son origine des règles pour éviter tout entrisme et notamment celui de l’extrême droite. Nous avons, dans nos statuts, la possibilité d’exclure des adhérents sachant que leurs valeurs sont incompatibles avec les nôtres. » Une arme indispensable pour assurer l’indépendance de la CFDT mais dont elle ne se contente pas.

Donner des perspectives d’avenir

Selon Patrice,  le premier combat  contre l’extrême droite porte sur la confrontation des idées. Malgré le lifting opéré par Marine Le Pen, le programme du Front national est empreint de démagogie. « Il s’attaque aux fondements de la société et ramène systématiquement sa politique à deux dimensions : l’immigration et le refus de l’Europe d’un côté, le « tous pourris » des partis politiques de l’autre. » Quitte à puiser depuis quelques années dans un vocabulaire social pour séduire les salariés et bousculer encore un peu plus les pièces de l’échiquier politique.  « La seule stratégie efficace pour les organisations syndicales, et la CFDT en particulier, c’est de s’attaquer aux causes de son développement : le chômage, l’exclusion, le sentiment d’abandon… C’est ce que l’on fait en s’engageant dans des débats de fond et en négociant pour faire reculer les inégalités et donner des perspectives d’avenir. »