Cargill Lannilis. Menaces de fermeture, les salariés en grève !

Publié le 17/06/2016 à 15H04
A l’appel de la CFDT, les salariés de l’usine Cargill de Lannilis se sont mobilisés pour 24 heures de grève le mercredi 15 juin pour protester contre la fermeture de l’établissement annoncée lors du Comité Central d’Entreprise (CCE) du 9 juin et projetée pour la fin de l’année 2016.

Spécialisée dans la fabrication d’alginates entrant dans la composition de nombreux produits (alimentaires, pharmacie et parapharmacie...), l’usine de Lannilis a été rachetée par le groupe américain Cargill. Force est de constater qu’il ne s’agissait pas d’une volonté clairement affichée puisqu’elle faisait partie du « lot » comportant 3 usines (Baupte, Redon et Lannilis).

Lors du CCE du 9 juin, le président de la direction générale de Cargill annonce la cessation d’activité de l’usine de Lannilis. Les raisons évoquées sont :
• la concurrence des acteurs asiatiques sur les produits de base ;
• le montant des investissements à réaliser pour améliorer la production de l’usine ;
• la perte de marchés liée à la suspension de production décidée par l’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament (ANSM) ;
• etc.

Pour la CFDT, cette situation était prévisible. Les investissements réalisés n’ont pas permis d’améliorer la production. Le changement de management, basé sur la sécurité administrative : « on se protège d’abord ! », a conduit à mettre au second plan la production.

Cela n’a pas empêché l’usine d’être épinglée par l’ANSM et de se voir infliger une suspension de production d’alginates utilisés dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique. Pourtant le secteur est porteur et rentable, un client potentiel était prêt à acheter les 2/3 de la production. Les conséquences de la suspension sont lourdes pour l’usine et font porter l’entière responsabilité à la direction.

La section CFDT fait état de l’absence de chimiste dans l’usine, elle pointe également l’absence de recherche et développement qui aurait permis le positionnement sur de nouveaux produits. Elle rappelle qu’il n’y a qu’une dizaine d’usine de ce type dans le monde et l’usine de Lannilis pourrait y trouver sa place.

En l’absence de repreneur, c’est 67 salariés qui se retrouveront sans emploi. Quelles seront les conséquences sur la filière goémonière et sur l’économie locale ?

Loin d’être un baroud d’honneur, la grève de ce 15 juin est une action collective pour demander que des solutions soient trouvées et pour poser des exigences fortes avant le CCE du 21 juin. Les salariés en grève ont reçu le soutien de la population, du maire de Lannilis et de la CFDT du Pays de Brest.