Santé-sociaux: contre les discriminations, la vigilance est de mise

Publié le 16/06/2015 à 17H20
Le syndicat Santé-sociaux d’Ille-et-Vilaine en a fait le thème central de son congrès le 11 juin dernier : quels sont les leviers possibles dans les entreprises contre les discriminations ? Début de réponse autour d’une table ronde réunissant le secrétaire national Jean-Louis Malys et Dominique Coiffard de la Fédération.

Cinq mois jour pour jour après la grande manifestation du 11 janvier, les militants du syndicat Santé-sociaux d’Ille-et-Vilaine ont pris possession de la salle de la Cité de Rennes pour leur 14ème congrès. « Après les terribles événements qui ont visé le journal Charlie Hebdo, des policiers et le magasin Hyper-Casher, les adhérents CFDT ont participé à la forte mobilisation citoyenne, a rappelé la secrétaire générale du syndicat, Catherine Guilleau. Parce que notre syndicalisme est inconciliable avec toute logique discriminatoire, sexiste ou raciste et afin que le Vivre ensemble ait aussi un sens sur nos lieux de travail, nous poursuivons notre réflexion sur les leviers d’action possibles dans nos entreprises. »

Les petites ségrégations du quotidien...


Après une matinée consacrée à l‘activité et aux statuts du syndicat, les discriminations ont donc alimenté les débats de la centaine de militants présents au congrès. « Les mutations vécues par notre société créent des crispations », constate Jean-Louis Malys, secrétaire national présent à la tribune. Elles s’accompagnent parfois d’une forme de solidarité mais « seulement tournée vers ceux que l’on connaît, ceux qui nous ressemblent », déplore-t-il.

« Notre honneur de syndicalistes, c’est de faire notre boulot, c’est-à-dire défendre l’intérêt des salariés, mais pas seulement. Nous devons aussi regarder le monde qui nous entoure et agir pour l’améliorer ». Un monde dont la cohésion est attaquée de toutes parts, minée notamment par trois familles de discriminations : celles totalement assumées par leurs auteurs et pénalement condamnables. « Le racisme, le sexisme ou l’homophobie, il faut les combattre juridiquement », rappelle fermement le secrétaire confédéral en charge de ces questions. Mais ces mises à l’écart de certains collègues peuvent être beaucoup plus insidieuses, fruits de « paresses collectives ». « Dans mon entreprise il n’y a jamais eu de salariés de couleur, c’est comme ça », entend-on parfois. Ou encore : « il n’y a pas de femmes parmi les cadres dirigeants, ça a toujours été ainsi. » Ces paroles sont parfois prononcées dans des établissements de santé, là où les femmes représentent pourtant 82 % des salariés, s’étonne Dominique Coiffard secrétaire national de la Fédération Santé-sociaux. Elles doivent être combattues syndicalement, pied à pied, pour ne plus être lancées à la volée comme des évidences.

Equipe webCette vigilance doit être tout aussi forte pour une troisième forme de ségrégation qui, malheureusement, gagne du terrain: la discrimination sociale. La pauvreté, les origines réelles ou supposées liées aux lieux de vie, sont des facteurs de différenciation inadmissibles, martèle Jean-Louis Malys. En 2006, à la suite du terrible fait divers qui a provoqué la mort de deux adolescents Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois et des émeutes qui ont suivi, des négociations ont abouti à la rédaction d’une directive contre les discriminations dans les entreprises. « Un super accord, insiste Jean-Louis Malys. Son problème ? Son effectivité. On peut signer les meilleurs textes mais s’ils ne sont pas appliqués, ils sont inutiles. » Il ne tient qu’à nous, syndicalistes, de les faire vivre, ont rappelé les militants du syndicat Santé-sociaux.

La carte d’identité du syndicat santé-sociaux d’Ille-et-Vilaine

1ère organisation syndicale dans ce champ professionnel de la santé et des services sociaux
1600 adhérents (39 % du public, 61 % du privé)
Présent dans 180 entreprises et établissements